Mawazine 2019 : Les Amazones d’Afrique inspirées face à un public fasciné

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Militantisme et musique se sont mêlés avec succès, lundi soir sur la rive du Bouregreg, laissant un public fasciné devant des Amazones d’Afrique animées et inspirées, à l’occasion de la quatrième journée de la 18ème édition du Festival Mawazine-Rythmes du Monde.

 

Par Laïla El Alami – MAP

Aussi courageuses qu’audacieuses, les Amazones d’Afrique portent décidément bien leur nom.

Élancées comme des guerrières et parées de leurs tuniques à imprimés ethniques à la fois simples et sophistiquées, c’est avec une élégance distinguée, un pas sûr et feutré que les “superfemmes” de ce super groupe ont fait leur entrée sur scène.

 

Accompagnées de leurs talentueux musiciens, il n’a pas fallu longtemps à Mamani Keïta, Niariu et Fafa Ruffino pour réveiller l’engouement et la fougue qui sommeillaient calmement dans le cœur des festivaliers, petits et grands, hommes et femmes, les charmant par leurs mots, les bouleversant par leurs sons.

 

Porté par un combat louable et honorable, qu’est celui de la lutte contre les violences à l’encontre des femmes, c’est avec “Doona” que ce collectif, exclusivement féminin, a marqué le début de ce concert.

 

Les femmes du groupe, habituées à prendre les devants et à braver les tabous, ont enchaîné leur lancée avec “Nebao”, faisant voguer un public vivant et vorace, dans une atmosphère musicale chargée de sens et d’émotions.

 

Et si ce collectif chante les femmes, il n’en n’oublie pas pour autant les hommes.

 

C’est d’ailleurs avec beaucoup d’humour que les artistes se sont adressés aux Amazones et “Amaz-hommes” du public, les invitant tous deux à applaudir, à sauter et à se joindre à ce moment de frénésie et d’effervescence.

 

Ponctuant leur performance par plusieurs interactions avec les personnes venues les applaudir, les trois femmes qui ont chanté, parfois à tour de rôle, parfois à trois, ont invité sur scène la chanteuse saharouie Fadila et son joueur de guembri, pour un duo inspiré de la musique gnaouie, où les différences ont laissé place à la tolérance.

 

La formation, née d’un mariage entre le Mali, le Bénin, le Gabon et le Nigeria, a enchaîné avec ses titres les plus animés, tels que “Mamani Blues” et “Amazones Power “, interprétés aussi bien en dialectes africains qu’en anglais et français, fusionnant admirablement sonorités urbaine, funk, dab, raggae, soul et jazzy et reflétant, par la même occasion, le génie que constitue cette collaboration et la richesse artistique dont abonde la musique contemporaine africaine.

 

Transformant la scène en véritable sémaphore dans la nuit frissonnante, les Amazones d’Afrique ont fait taire tous les goûts et ont réussi, grâce à leur rythmique opulente et versatile, à galvaniser les attentes des amateurs de la musique africaine qui, en retour, se sont prêtés aux danses les plus délirantes qui soient.

 

Et c’est enveloppées dans un drapeau marocain, que les trois chanteuses se sont fièrement passé entre elles, que le groupe a clôturé cette soirée, sautant et dansant dans un dernier élan de musicalité.

 

Tout au long de cette soirée, les trois chanteuses auront elles-mêmes été musique, rythme et lyrique.

 

Réunies par une seule et unique cause, celle de la lutte contre les violences à l’égard des femmes, Kandia Kouyaté, Mamani Keita et beaucoup d’autres, se donnent comme devoir de sensibiliser les fans à leur combat. Usant du langage le plus beau et le plus universel qui soit: la musique.

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